Campagne électorale: Des candidats peinent à décliner  leur appartenance politique

Campagne électorale: Des candidats peinent à décliner leur appartenance politique

4 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Un grand nombre des candidats aux élections du 23 décembre 2018 n’a  affiché ni logo ni effigie de leur appartenance politique. Que cachent-ils aux électeurs pendant la campagne électorale ? Alors que les électeurs ont le droit d’identifier leur famille politique pour juger le sérieux de leur carrure politique.  Un regard citoyen est jeté sur les rendez-vous électoraux qui attendent la RD-Congo.

La salle d’attente du Président de la Ceni est calme, cet après-midi du 6 décembre 2018. Deux hommes échangent sur la vitalité des Kinois. Lisant une après l’autre la presse congolaise avec un regard désintéressé sur l’écran de Tv qui commentait la marche de gilet jaune à Paris. Leur accent nous a intéressés pour savoir qui étaient-ils. Kalwishia Jackson et Musonda Wilfried sont des observateurs électoraux. L’occasion faisant le larron, la question de l’affichage de logo sur les banderoles en période électorale s’est naturellement invitée. Ils posent les fondamentaux : L’affichage fait partie des éléments signalétiques du langage les plus visibles dans l’espace urbain de Kinshasa. Ce qui affirme l’attractivité politique  qui est marquée par l’irruption de la publicité  des campagnes électorales et constitue deux exemples contrastés du point de vue des normes et règles électoraux congolais, déclare Kalwishia, observateur électoral.  ‘’Nous avons observé  en cette période de campagne électorale la concurrence entre affichage avec logo et sans effigie de Partis et Regroupements politiques. Alors que l’affichage électoral  apparaît comme un mode d’affirmation identitaire de certains groupes politiques et sociaux qui ciblent certains électeurs’’.

L’Identification reniée

Le logo et l’effigie des Partis et Regroupements politiques  ne sont pas lisibles sur les affiches, banderoles de certains candidats à Kinshasa. Les électeurs sont désabusés de leur choix et de leur droit par le fait que le vote s’effectue d’abord par l’identification de l’appartenance politique puis de l’individu.  ‘’C’est cette identification qui permet à l’électeur d’apporter un jugement sur le candidat’’. Ce constat est de l’Honorable Batumona. C’est regrettable, poursuit-il,  pour ne pas dire honteux de constater que certains candidats aux trois scrutins combinés du 23 décembre 2018  se  camouflent derrière l’anonymat et renient leur appartenance politique parce qu’ils ont mal géré le pays.    A ce sujet les points de vue convergent. Des jeunes mobilisés pour poser des banderoles sur l’avenue Shaba dans la commune de Bumbu se sont aussi exprimés. Nsimba Mundala explique : ‘’ Par ignorance de l’importance du vote, les jeunes ne sont motivés que lorsque les candidats les gratifient soit en argent, T-shirt ou tournoi de football pour ne citer que ceux-là, lors des campagnes électorales’’. Selon lui, ils ne connaissent pas le passé politique du candidat moins de son appartenance politique. Alors que voter résume le combat et la lutte qu’il mène contre l’injustice, le chômage, la pauvreté en un mot tous les fléaux afin que si chacun s’y emploi et que nous votons pour l’homme convenable d’un parti politique sérieux et non pour le charisme ou intérêts personnels’’.

Le Mouvement citoyen Cocorico-Rdc a appelé dans une station de radio de la place au respect de ce qui est exigé par la Ceni. Gloire Watshipa  estime que la conséquence est énorme par le fait que la loi électorale en vigueur préconise le vote de parti et non de l’individu au moyen du seuil électoral. ‘’Les grands enjeux se jouent sur l’obtention du seuil électoral de 1% au niveau national et de 3% au niveau provincial. Car avant toute attribution de voix à un candidat, l’électeur congolais voterait d’abord un parti ou un regroupement politique qui arrive à obtenir le seuil prévu’’. Il impérieux, selon lui, que la population sache identifier le parti ou le regroupement politique dont-elle doit voter : ‘’Le contraire ce désorienter le droit et le choix du citoyen’’.

La loi électorale muette ?

La loi électorale n’est pas bien maitrisée et a été male vulgarisée par le gouvernement. La conséquence est que les partis perdront des voix au détriment des individus sans appartenance politique. Jean-Baptiste Itipo, directeur de la Communication de la Ceni affirme que la loi est muette. ‘’La plupart des candidats cachent leur famille politique pour des raisons évidentes. La fuite de la sanction populaire et se cachent derrière les affiches’’. La loi électorale ne prévoit aucune sanction. Il évoque par contre l’importance de l’article 83 de la loi électoral qui fixe le seuil légal de représentativité, a-t-il commenté.      

Peter Tshibangu

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