Campagne électorale : la violence, fruit de l’intolérance

Campagne électorale : la violence, fruit de l’intolérance

20 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Des agents électoraux et des témoins des candidats le 28/11/2011 dans un bureau de vote au quartier Makelele dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, pour les élections de 2011 en RDC. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La violence s’invite dans la campagne électorale. Des cas sont légions. Les dégâts sont enregistrés et même des victimes. Énumérons-en quelques exemples pour étayer nos propos. Des affrontements ont eu lieu à Kindu dans le Maniema entre partisans du FCC et de Lamuka rapporte ACAJ. Cette organisation fait de huit blessés (dont quatre par balles), des pillages des sièges des partis membres de la coalition Lamuka. À Tshikapa, le cortège du candidat du FCC Emmanuel Ramazani a été caillasse par les militants de l’UDPS. Maître Georges Kapiamba de l’ACAJ établit un bilan de deux morts et 43 blessés lors du séjour du candidat Martin Fayulu à Lubumbashi. La Police, quant à elle parle d’aucune victime et de 11 blessés. Félix Tshidekedi, candidat de CACH a du annuler l’étape de Butembo. Et pour cause, le contingent de la Police n’a pas reçu l’autorisation de continuer le trajet car il y a probabilité de rencontrer les perturbateurs de Lamuka. À en croire, le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur Henri Mova, l’incendie du principal entrepôt de la CENI à la Gombe est d’origine criminelle. Le candidat du FCC appelle à ne pas répondre aux actes de violence.

Acte prémédité pour le FCC

Dans un communiqué publié après l’incendie, Néhémie Mwilanya Coordonnateur du FCC rappelle qu’il avait dénoncé en date du 03 décembre l’apologie de la violence et les attaques systématiques du candidat président de Lamuka Martin Fayulu qui a pour programme politique au cours de cette campagne électorale l’invitation de ses  et sympathisants à détruire le matériel électoral de manière a empêcher la tenue des élections le 23 décembre. ” Les propos et la gestuelle qui les accompagne étaient déjà le prélude de la mise en œuvre d’un projet bien planifié tendant à entraver le processus électoral et à saper l’investissement politique de tout un peuple” a révélé le même communiqué.

Regrets de l’opposition, de la société civile et de la MONUSCO

Le porte-parole adjoint du candidat Martin Fayulu regrette cette escalade de violence en ces termes : ” c’est très regrettable, c’est le fruit de l’intolérance principalement du pouvoir en place qui multiplie des stratégies pour que les élections finissent par le chaos”. Cet acteur politique demande un peu de tolérance et de paix. ” On ne doit pas arriver jusque-là”. Par contre, Steve Kivwata réfute les accusations portées contre les partisans de Lamuka par la coalition CACH. Même son de cloche du côté de la société civile. Robert Kabakela Coordonnateur national adjoint de la NSCC brandit les dispositions de l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme qui stipule : ” tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions”. Pourquoi s’en prendre aux autres s’est-il interrogé alors qu’en définitive, c’est le peuple qui tranchera au regard de l’article 21 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme (la volonté du peuple doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote). Cet acteur de la société civile s’en prend à la Police qui ne joue pas pleinement son rôle : ” elle semble être du côté du FCC espérant qu’elle va se raviser et entrer dans sa fonction neutre en vue de travailler pour tout le monde”.

Préoccupée, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU, Leïla Zerrougi déplore les incidents graves qui entravent le bon déroulement de la campagne électorale. La diplomate algérienne demande aux autorités congolaises de prendre des mesures nécessaires pour éviter de nouveaux incidents. En outre, elle rappelle qu’elle incombe à l’État d’assurer la sécurisation du processus électoral en faisant preuve de neutralité et de retenue dans l’utilisation de la force et en respectant le principe de nécessité, de proportionnel et légalité.

La CENI impuissante

La CENI avoue son impuissance. Elle l’a exprimé par l’entremise de son Directeur de communication Jean-Baptiste Itipo. ” La CENI ne dispose d’aucun pouvoir de coercition, les autres institutions doivent faire le travail ( police), c’est de l’intolérance”. C’est pourquoi, Itipo appelle les uns et les autres au bon sens.

JM Mawete

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