Campagne électorale : le dilemme de Lamuka face à la machine à voter

Campagne électorale : le dilemme de Lamuka face à la machine à voter

10 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Le président de la Ceni, Corneille Nangaa

La coalition Lamuka (réveille-toi en lingala) qui soutient la candidature de Martin Fayulu Madidi, candidat à l’élection présidentielle, exige notamment à la Commission Electorale Indépendante (CENI), le non usage de la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral.

L’opposant Fayulu qui évoque le caractère illégal de cette machine est d’avis que les élections crédibles en République Démocratique du Congo ne seront possibles que sans cet outil. A la place, le candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018 prône l’utilisation des bulletins papiers. Une revendication faite à un mois des élections pendant que la CENI est en train de déployer les kits électoraux ainsi que la machine à voter à travers le territoire national.

Des réactions      

Est-ce que les revendications portées par Fayulu sont-elles satisfaites ? Pour le Secrétaire Général d’Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA), M. Gérard Bisambu,  cela  sous-entend le fait qu’on ne peut pas aller aux élections. Et d’ajouter : “lorsqu’on nettoie le fichier électoral, le nombre d’électeurs diminue et le quotient électoral change“. La conséquence est que le changement du quotient électoral entraîne automatiquement la redistribution de nombre des sièges, conformément à la nouvelle loi sur la répartition des sièges par circonscription électorale. “D’où, il faudra revenir vers une nouvelle opération d’enregistrement des candidatures qui ne peut pas se faire à un ou deux mois“, a déclaré l’expert.

M. Bisambu pense que même s’il faut aller aux élections avec les bulletins papiers, le temps restant ne permettra pas leur fabrication avant la date du 23 décembre 2018.

Selon le candidat Fayulu, il est possible que sa revendication trouve une réponse satisfaisante avant les élections. ‘’Pour l’élection présidentielle, une seule feuille pourrait suffire. Et d’ici l’échéance, il serait possible de l’imprimer’’,  a-t-il déclaré dans une interview au journal belge ‘’Le Soir’’.

La position de Lamuka est soutenue par le Comité Laïcs de Coordination (CLC) lors d’une sortie médiatique le 30 novembre 2018. Pour l’élection présidentielle, il exige les bulletins papiers qui peuvent être imprimés localement au cours de ces semaines de campagne électorale, ont annoncé les membres du CLC.

En ce qui concerne la CENI, les élections sont irréversibles à l’heure actuelle en RDC. Son président Corneille Nangaa demande plutôt à toutes les parties prenantes de pouvoir mobiliser leurs témoins pour assurer l’observation du scrutin. Déjà, le président du pouvoir organisateur des élections ne cessait de prévenir les acteurs politiques que sans la machine à voter, les élections n’auront plus lieu à la date du 23 décembre.

‘’Le pas est engagé dans l’organisation des élections et ne peut se permettre un report dont vous semblez ne pas mesurer les conséquences sur la stabilité et la légitimité de nos institutions…’’, avait répondu M. Nangaa dans une correspondance du 21 novembre 2018 adressée au candidat à la présidentielle  Seth Kikuni qui sollicitait le report des élections étant donné que les divergences existent encore entre la CENI et les différentes parties engagées au processus électoral.

Dans une lettre signée le 30 novembre 2018 par son Porte-parole, André-Alain Atundu, la Majorité présidentielle qualifie  ‘’les épisodes de Genève  et de Naïrobi, des alertes alarmistes et les révélations fantaisistes sur la mort de 2 experts de l’ONU constituent les séquences de la trame d’une transition sans Kabila…’’.  Ce regroupement politique qui a toujours soutenu l’usage de la machine à voter pense qu’il n’est pas question de gâcher ‘’cette belle fête de la démocratie qu’est la campagne électorale’’.

Un retard à récupérer

En se référant à la Constitution de la République, le pays accuse un retard de deux ans dans l’organisation de l’élection présidentielle parce que le dernier mandat de l’actuel président Joseph Kabila avait expiré depuis 2016. La tenue des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales permettront au peuple Congolais, souverain primaire, d’être rétabli dans ses droits étant le détenteur du pouvoir. 

Entre-temps,  la coalition Cap pour le changement des Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, accepte de participer aux élections avec cette machine quand bien même qu’ils auraient, eux aussi, lutté contre cet outil. Du coup, la position affichée par ces deux fractions de l’opposition prête à confusion au sein de l’opinion publique et divise également les électeurs ayant formé deux tendances par rapport à la perception sur la machine à voter.  Ainsi, cela est constaté même dans des réseaux sociaux où ces deux tendances se lancent des flèches à distance.

Tantia Sakata

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