Elections  2018: Certains membres des bureaux de vote à la hauteur de leur tâche

Elections 2018: Certains membres des bureaux de vote à la hauteur de leur tâche

4 janvier 2019 0 Par Rédacteur
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Président, secrétaire, l’assesseur 1, l’assesseur 2 et l’assesseur suppléant, tous, étaient ponctuels. Ils étaient là déjà à 6h00 en dépit de la forte pluie qui s’est abattue sur la mégalopole. Le secret de cette ponctualité est le fait qu’ils ont passé la nuit au bureau de vote révèle un des assesseurs. 

En effet, le défi était immense : faire preuve de professionnalisme tout au long du triple scrutin du dimanche 30 décembre 2018. Les membres des bureaux de vote l’ont relevé. C’est le constat établi après le tour d’horizon de différents bureaux de vote disséminés à travers la ville province de Kinshasa.

Sagesse spontanée

Face à l’afflux de témoins et observateurs dans un bureau, les agents ont eu l’ingénieuse idée de les faire entrer par rotation de manière à leur permettre de voter par dérogation selon les prescrits de la loi. Rappelons que la loi prévoit un maximum de six témoins par bureau. Chose étonnante, cela a évité la tension qui commençait à gagner les témoins. Pour pallier à la carence de l’appropriation de la machine à voter, un agent était disponible pour orienter. Certains électeurs étaient réticents mais contraints de céder face au manque de maîtrise de la machine à voter. La législation prescrit aux agents d’influencer le vote ou de faire un commentaire sur un candidat. Les agents ont signifié en toute sérénité aux électeurs n’ayant pas trouvé leurs noms sur les listes qu’ils ne pouvaient voter par dérogation. Seuls les témoins et les observateurs accrédités détiennent ce privilège.

Guylain Nsingi, désabusé, n’a pas pu voter à l’ITC Kamo dans la commune de Matete faute de l’originalité de sa carte d’électeur. Encore une fois, les agents le lui informaient dans le calme.

Les présidents des bureaux de vote ont veillé à ce que les cinq derniers électeurs assistent comme témoins au dépouillement tel que recommandé par la loi. D’autres électeurs présents étaient déçus pensant à une injustice. Sous l’œil vigilant de la population postée à l’extérieur du bureau de vote, les témoins et observateurs assistent au dépouillement. Lampes allumées, le secrétaire du bureau de vote cite le nom du candidat inscrit sur le bulletin de vote. Ce qui occasionne des acclamations, des cris de joie voire des brimades.

La CENI indexée

Un président d’un bureau de vote à Limete qui a requis l’anonymat a estimé que la majorité de difficultés rencontrées sont liées à l’organisateur notamment la CENI elle-même. Plusieurs bureaux n’ont pas pu ouvrir à l’heure requise (ouverture à 6h00 et fermeture à 17h00, ce qui porte un total de 11 heures). C’est le cas à Kingabwa dans la commune de Limete sur l’avenue Minicongo ( Point chaud) où les bureaux n’ont pas ouvert à temps faute de matériel. Exacerbés, les électeurs ont manifesté. Dispersés par la police, ces citoyens irrités se disent déterminés d’aller jusqu’au bout. D’autres jeunes ont même tenté de rentrer dans la base logistique de la CENI sur Poids lourds. Mais hélas, sans succès. Au collège Saint Raphael de Limete, le vote a débuté aux alentours de 11h30 par manque des bulletins de vote. « On blague avec des gens », a-t-il dit, avec un ton révoltant.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Lassés, d’autres par contre sont rentrés déçus. A l’Institut Mafuta au camp Munganga, le vote a commencé avec un retard de près de 3 heures mais sans heurts, témoigne un électeur. Peu après 6h00, les opérations n’ont pas encore commencé à l’Institut Bobokoli dans la commune de Ngaliema. Et pour cause, les électeurs éprouvent des difficultés pour retrouver leurs noms sur les listes. Un électeur témoigne : ‘’ le nom est écrit en petits caractères, le post nom en capitales, pas en ordre alphabétique. J’ai l’impression que c’est fait à dessein’’. Contacté à ce sujet, le CCV  a promis de s’y atteler. On a assisté à des pannes de la machine à voter, des machines manquantes, des pannes d’électricité,…

Nangaa satisfait

Corneille Nangaa, président de la CENI exprime sa satisfaction quant au déroulement des opérations : ‘’ 83% de bureaux ont ouverts à temps. Je salue le professionnalisme et le dispositif efficace de prise en charge des problèmes. Le Rapporteur de la CENI Jean-Pierre Kalamba émet ce principe : ‘’ A chaque problème, une solution’’.

Remise en cause de Martin Fayulu

Martin Fayulu, candidat à la présidentielle estime que les agents de la CENI n’étaient pas professionnels évoquant les difficultés de localisation des centres. En plus, le candidat de Lamuka regrette que les témoins aient été chassés pendant le dépouillement, l’assistance au vote, le vote sans encre indélébile, des cas de corruption et d’attaques des témoins à l’intérieur du pays. 

L’Eglise catholique et la Synergie des Missions d’observation électorale (SYMOCEL) emboîtent les pas de l’opposition. L’Eglise catholique note que seule la moitié de bureaux étaient ouverts à 6h00. Bishop Abraham Djamba de la SYMOCEL remarque l’absence d’éléments de sécurité de la machine (clé USB, élément d’ouverture, …) et que les témoins et observateurs ont été empêchés d’accéder à certains bureaux de vote. Par contre, le Coordonnateur du FCC Néhémie Mwilanya signe et persiste : ‘’ les irrégularités ne représentent pas le 1% de l’ensemble de bureaux de vote. Certaines missions d’observation sont de connivence avec les officines occidentales’’. En attendant, les regards sont rivés sur la CENI pour la publication des résultats provisoires des élections.

JM Mawete

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