Elections en RDC : Machine à voter, méfiance ou confiance

Elections en RDC : Machine à voter, méfiance ou confiance

1 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Face au scrutin qui s’approche, la machine à voter reste encore jusque-là pour les uns une machine à ne pas faire confiance et pour les autres, la question est d’examiner ce qui peut gâcher la crédibilité des élections prévues en Décembre prochain en utilisant cette machine.

Après la validation de sa candidature, Alain-Daniel Shekomba Okende,  un des candidats à la présidentielle du 23 décembre 2018, a adressé une lettre ouverte aux autres candidats en ce qui concerne le scrutin électoral prochain. Il leur a demandé d’examiner, ensemble, les questions qui pourraient entacher la crédibilité des élections, dont la machine à voter.

Alain-Daniel Shekomba estime qu’il faut une entente de tous pour aider les électeurs à faire confiance à la machine à voter qui devra présenter un bon résultat des urnes. Il se dit préoccupé par la question de la crédibilité du processus électoral en RDC.

Ce candidat à la présidentielle a  également insisté sur le facteur confiance des électeurs en soulignant qu’ «  il faut que la population puisse avoir confiance aux outils qu’elle va utiliser pour élire ses dirigeants. Il ne faut pas qu’on se retrouve encore dans la crise électorale comme en 2011 ».  Il ne faut pas que la population puisse penser que les outils utilisés ne reflètent pas ses choix. « Nous voulons que la population soit  rassurée », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur les ondes de la Radio Okapi, le candidat Shekomba estime que la crédibilité de prochaines élections tient à certains préalables, dont l’usage ou non de la machine à voter.

L’opposition, de son côté,  estime que seule la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) connait ce qu’elle prépare pour ce scrutin.  Bien avant d’aller aux élections, la machine à voter doit être prouvée qu’elle est sûre. Peter Kazadi, cadre de l’UDSP dit ne pas affirmer sa confiance au scrutin avec la machine à voter « qu’est ce qui nous rassure que la machine à voter va faciliter le scrutin ou le rendre crédible ? La question de faire confiance à la machine à voter ne sera pas la bienvenue dans notre camp. Il est mieux que la CENI trouve une solution qui mettra toute la classe politique ensemble dans ces élections qui s’approchent. Ainsi nous pouvons dire que les élections soient démocratiques » a-t-il pensé.

A la CENI, tout se prépare avec un programme bien établi et que l’utilisation de la machine à voter pour le scrutin prochain est prioritaire. « Nous sommes arrivés au moment où les politiques doivent prendre les choses au sérieux, car nous sommes déjà avancé en passant l’étape d’enrôlement d’électeurs et la publication de candidats députés et présidents », a déclaré Jean Pierre Kalamba rapporteur de la CENI. Et d’ajouter qu’il est très difficile de  faire marche en arrière  pour annuler l’utilisation de la machine à voter et recourir à la version papier. Cette machine, a-t-il souligné,  n’est qu’une imprimante qui nous aide à faciliter la tâche. La population doit faire confiance à la machine à voter et croire à la crédibilité du scrutin électoral prochain.

Benoit Yolama, cadre de la majorité présidentielle, se dit avoir la confiance totale  et tout avance normal du côté de la majorité. « Nous n’attendons que le jour de la campagne électorale pour mettre notre savoir-faire afin de gagner ces élections », a-t-il déclaré.

Déjà à ce stade il est pratiquement impossible de mettre de côté la machine à voter, nous, nous faisons confiance à la CENI dans l’organisation des élections dans notre pays. La machine à voter n’est pas une raison de ne boycotter ou de ne pas faire confiance, nous pensons qu’avec la machine à voter le scrutin sera encore plus crédible que ce que les autres pensent » a confirmé Benoit Yolama.

Le doute persiste

Du côté de la  population, le doute persiste encore.  Jean de Dieu Thionyi, étudiant à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC) s’exprime : « à l’allure où vont les choses, la crédibilité de cette machine à voter est mise en cause.  Il est pour nous difficile de faire confiance à  cette machine, car nous ne savons pas d’où est venue cette idée d’utiliser la machine pour voter.

Aussi, a-t-il ajouté,  la machine  à voter ne lui inspire pas confiance.  « Nous ne sommes pas sûr de ce que la CENI nous confirme et nous souhaitons aller aux élections avec une même décision, sans machine à voter si la CENI ne nous éclaire pas très bien sur cet outil.

A la société civile, Dieudonné Mushakarucha, expert en question électorale estime  que la CENI doit écouter la population, comprendre son souci. Aussi, tenir compte des différents avis des politiques,  avant de décider sur l’utilisation de la machine à voter.

« Il est important que la CENI prouve la capacité de gérer et montrer  à la population et à la classe politique l’importance de l’utilisation de la machine dans le scrutin électoral prochain » a-t-il signalé. Ces élections risquent ne pas être crédibles, ni démocratiques, s’il n’y a pas de consensus sur l’utilisation de la machine à voter.

Signalons que la Commission Electorale Nationale et Indépendante (CENI) continue à sensibiliser la population à travers les  différentes provinces  de la RDC, sur l’utilisation de la machine à voter.

Musenga Senghor

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