Enrôlés sans empreintes digitales, le droit de vote menacé

Enrôlés sans empreintes digitales, le droit de vote menacé

24 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Dans l’agora politique en RDC, le rapport de l’Oifsur le nombre impressionnant des électeurs sans empreinte digitale a sonné comme une alerte dans les états major des partis et regroupements politiques. Ils sont partagés entre le doute, la crédibilité des prochaines élections. Une menace de priver le droit de vote de ces électeurs sans empreinte assimilés à des fictifs au fichier électoral. Tour d’horizon de la situation dans les institutions, électeurs et parties prenantes.

 

L’empreinte digitale reste, à ce jour, le seul moyen technique fiable pour identifier une personne et éviter la fraude, les doublons au processus électoral. Mais, depuis la publication du rapport par l’Oif, le paysage électoral est bouleversé par la floraison de contestations du fichier électoral et échappent parfois au prescrit de la loi. Cette incidence au fichier électoral fait craindre de possibles fraudes.  Il contient une population électorale estimée à 16,6 % soit 6,7 millions qui n’a pas une empreinte digitale. Comment peut-on avoir un fichier fiable avec deux sortes d’électeurs : d’un côté, ceux enrôlés avec empreinte digitale et, de l’autre côté, ceux enrôlés sans l’empreinte digitale ?

Assemblés dans leur état-major, les partis et regroupements politiques de l’Opposition hurlent et considèrent le fichier électoral de corrompu. Ils sont mobilisés pour que cette catégorie d’électeurs ne puisse pas exercer leur droit de vote.

De ce point de vue, la Nouvelle société civile congolaise est préoccupée par le nombre élevé des électeurs déclarés fictifs et signale que la biométrie est une technique informatique fiable qui permet d’identifier une personne à travers son empreinte digitale.  Pourquoi, s’est-elle interrogée, la base des données a enregistré des fiches sans empreintes qui ne répondent pas aux critères exigés ? Jonas Tshiombela, coordonnateur de cette structure, estime qu’il est inutile de chercher les causes de 16,6% dans le fichier électoral. “Ils ne peuvent être que fictifs et rien d’autres du fait que qu’il est impossible de prendre les empreintes des personnes qui physiquement n’existent pas”, a-t-il précisé.

Le FFC accusé

Jules Mukumbi, Secrétaire général adjoint du Mouvement de Solidarité pour le Changement a démontré que le nombre des fictifs à éradiquer sont favorables au FCC et en défaveur de l’Opposition. Il indique  que les sept millions représentent au moins 180 députés nationaux et 300 députés provinciaux que la Ceni donne gratuitement au FCC.  Le directeur de sensibilisation de la Ceni, Désiré Mulekelayi a affirmé  que « seul Dieu peut avoir un fichier électoral parfait ». Il a tenté d’expliquer  l’absence d’empreinte digitale pour 6,7 millions de Congolais : “Les personnes enrôlées sans empreinte peuvent être celles qui n’ont pas de doigts ou de main, soit celles qui se livrent aux activités agro-pastorales“, a-t-il ajouté.

Un électeur inculpe l’Etat : “Dans un pays où les Registres d’Etat Civil de la population n’existent  pas depuis plus de cinquante ans ou l’Etat renouvelle le fichier électoral et le matériel électoral comment on ne peut pas violer le droit civil du citoyen ?’’.

La loi

Conformément à la loi n°04/028 du 24 décembre 2004, il est écrit que : ‘’les électeurs sans empreintes ne peuvent faire l’objet d’aucune radiation’’.  Cette loi donne en partie la possibilité au président du centre d’inscription de valider l’enrôlement sans l’enregistrement des empreintes. Cette disposition a été introduite dans les mesures d’application de la loi portant identification et enrôlement des électeurs dans un souci d’inclusivité, pour permettre aux électeurs sans mains, doigts amputés ou blessés, empreintes illisibles, etc., de s’enrôler. Donner suite à la requête de certains acteurs politiques qui demandent que les électeurs concernés soient carrément exclus du vote constituerait, d’après la loi, « une violation flagrante des dispositions légales et réglementaires des textes sus invoqués qui ont bel et bien prévu la possibilité de l’inscription sans empreintes de certains électeurs.

Peter Tshibangu

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