La machine à voter : ça casse et ça passe !

La machine à voter : ça casse et ça passe !

4 janvier 2019 0 Par Rédacteur
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A la base d’une forte controverse entre parties prenantes, la machine à voter a tout de même piloté l’opération du vote, non sans difficulté et dégâts certes. Dans les différents bureaux de vote actifs ce jour de l’élection, la machine à voter a été présente dans les isoloirs.

Tout commence par l’activation du dispositif par les techniciens de la Centrale électorale. Puis, après les formalités afférentes, l’électeur est orienté vers l’isoloir où il est seul face à cet outil que la majorité découvrait à l’instant. La MAV était en état de fonctionnement et attendait l’usager qui devait commencer par l’introduction du bulletin suivant le sens indiqué, et sur la machine et sur le bulletin. Une fois le bulletin happé par la machine, la suite de l’opération paraît simplifiée grâce au dispositif de dialogue qui oriente l’électeur.

Au bureau A du centre Eveil II dans la commune de Lemba, une minute après, Jonathan quitte l’isoloir et se dirige vers l’urne dans laquelle il introduit son bulletin imprimé par la machine. Le jeune homme d’une vingtaine d’années se déclare émerveillé par le dispositif ; au fait, il compte parmi les familiers de l’outil informatique et du téléphone androïde. Après le jeune homme, Myriam, la trentaine révolue,  arbore un sourire jaune avec son bulletin de vote à la main. Soixante-quinze secondes lui ont suffi pour rejoindre l’urne.

Même cadence au centre Sainte-Hélène où Stephen, étudiant en deuxième cycle Droit à l’université William Booth, ne sait pas retenir ses meilleurs sentiments devant la rapidité affichée par la machine à voter. « C’est très facile et intéressant », lâche-t-il après une opération qui lui a coûté moins d’une minute. Occasion pour le chef de ce centre de recadrer les accusations des leaders de l’opposition qui rejetaient cette trouvaille congolaise. Madame Gertrude, plus de 40 ans, passe quelques minutes devant l’écran et sort bredouille de l’isoloir ; elle fait signe au chef du bureau qui comprend tout de suite la demande de l’électrice de se faire assister. Il désigne un témoin qui s’approche mais se garde d’entrer dans l’isoloir. Il dicte la marche à suivre à l’électrice ; l’opération prend trois bonnes minutes, mais la dame est heureuse d’avoir pris part au vote.

Au centre CS. Lobiko dans la commune de Limete, Madame Berthe, la soixantaine révolue, exige carrément l’implication d’un assistant à qui elle communique les numéros repris sur un bout de papier à sa disposition. Elle reprend le bulletin qu’elle introduit aussitôt dans l’urne. A sa suite, une dame prend la même précaution ; mais elle traîne dans l’isoloir au point d’attiser l’attention du chef de bureau. Information prise, tout se complique puisque la dame ne dispose pas de numéros de ses candidats à la députation nationale et provinciale. Elle doit alors les reconnaître par les photos. Cinq minutes sont consacrées à cet exercice.

Au bureau C du même centre, l’attention collective est attirée par les sanglots d’une vieille dame qui constate que les numéros repris sur le bulletin ne sont pas ceux qu’elle a communiqués à l’assistant. Tout le centre est en émoi ; beaucoup de ceux qui se sont fait assister et qui n’ont pas pris la précaution de vérifier la conformité se mordent les doigts. Les autres se réveillent et jurent prendre la prudence de vérifier aussitôt après l’impression du bulletin.

Imperfection

Dans l’un des bureaux ouverts sur le campus de l’Université de Kinshasa, les électeurs sont sidérés du silence observé depuis plus de 20 minutes alors que l’opération avait bien commencé à 7 heures. Vérification faite, la machine à voter a planté en raison de la mauvaise manipulation d’un électeur qui a introduit le bulletin dans le sens non recommandé, affirme le chef du bureau.

Au quartier Mombele, dans la commune de Limete, principalement dans les centres des EP 2, 3 et 7, les électeurs potentiels ont les visages renfrognés. En effet, il est 11 heures et rien ne démarre car les accessoires – câbles, rallonges, fiches sont livrés au compte-goutte. Au centre Sainte Germaine, dans la commune de N’Djili, les agents électoraux essuient les insultes des électeurs sidérés de perdre plusieurs heures sans accéder aux bureaux de vote. En l’absence de générateur électrique et de l’électricité de la Snel, l’opération prend du retard d’autant que les machines mises à leur disposition ne disposaient pas d’autonomie en raison de l’avarie de leurs batteries.    

Contacté au sujet de ces ratés, un cadre de la CENI, qui a requis l’anonymat, a accusé la précipitation avec laquelle l’opération de déploiement du matériel était faite. Qu’à cela ne tienne, la machine à voter est entrée dans la conscience collective qui espère la voir subir une cure de perfectionnement. Bien que non autorisée par la Loi électorale, la machine à voter trouve sa base juridique dans l’Accord de la Saint-Sylvestre qui a demandé à la Centrale électorale de trouver les moyens de réduire le coût général des opérations électorales. Foi des responsables de la CENI.

Jacques Famba

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