Les écoles exposées à la nuisance sonore à Kinshasa

Les écoles exposées à la nuisance sonore à Kinshasa

25 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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Vue du Festival Amani à Goma (Nord-Kivu)/Ph. Nzi Rwakabuba

Beaucoup d’écoles de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, sont exposées à la nuisance sonore chaque jour de la semaine. Des terrasses, bistrots, bars et autres débits des boissons déversent au quotidien de la musique à fort décile sur des institutions d’enseignement primaire et secondaire implantées dans plusieurs quartiers de la capitale. Dans cette situation, les enseignants et les écoliers sont contraints d’évoluent dans environnement malsain pour l’épanouissement intellectuel.

En effet, dans ce désordre provoqué par ces bruits, il arrive qu’un bon nombre d’élèves sèchent les cours. Les enseignants des ces écoles sont mécontent de cet état de choses. Selon eux, ces bruits ne leur permettent de bien exercer leur métier qui exige un environnement calme.

L’éducation outragée

Il en est de même pour les élèves qui déplorent cette situation et demandent  l’intervention des autorités tant nationales que provinciales pour mettre fin à cette situation. Interrogé, une élève de 6ème des humanités du complexe scolaire saint Pierre, situé dans la commune de Kinshasa au croisement des avenues Kabambare et Kasa-Vubu  qui a requis l’anonymat, a indiqué qu’ils sont dérangés du lundi au samedi par les bruits en provenance des bars qui entourent l’école.

De son coté, Nathalie Lutange, élève de l’école Bimwala située sur le avenue des Huileries, affirme avoir du mal à se concentrer au cours à cause de la musique. Les mêmes plaintes sont aussi enregistrées au lycée Kabambare ainsi qu’aux complexes scolaires Tosalisana et l’institut Bondeko.

Face à cette situation, quelques parents demandent à l’Etat de conditionner le lieu d’implantation des écoles avant l’agreement. ‘‘Il serait mieux pour les autorités de demander  à toute personne qui veut créer une école, université ou un centre de formation de chercher un endroit calme’’, a plaidé Placide Ngadu qui accompagné de ses enfants écoliers.

Selon un spécialiste du domaine de l’éducation, ces bruits peuvent être à l’origine de certains comportements indignes chez les écoliers. Il s’agit par exemple de l’agressivité, l’instabilité, les changements d’humeur et la déconcentration. Ces attitudes peu recommandées peuvent amener à l’échec. Tandis que lorsqu’une école est construite dans un environnement sans nuisance sonore, cela permettrait un échange riche entre élèves, une l’efficacité des travaux d’équipes et une amélioration de qualité d’écoute.

Contribution du gouvernement congolais

A chaque fois que le maire de la ville, André Kimbuta décide de prendre des mesures pour lutter contre la pollution sonore, elles restent lettre morte. ‘‘ Quelques récalcitrants seulement avaient étaient interpellés dans la commune de Matete parmi lesquels des 8 églises et 9 débits de boissons’’, a témoigné  un agent communal de Matete. Plusieurs fois, les autorités civiles et de la police nationale ont tenté sans succès de combattre la pollution sonore dans la capitale congolaise.

Malgré ces annonces des autorités, la ville de Kinshasa continue à vivre dans la nuisance sonore. Selon l’Etudes d’Impacte et des Normes Environnementales, (EIENE), une étude menée en 2014, la capitale de la RDC est une ville bruyante.  Ce document ajoute aussi que les Kinois sont exposés en moyenne à plus de 90 décibels par jour alors que l’OMS fixe à 60 décibels le seuil de gêne.

Dans cette ville, il n’est pas rare de voir des bars qui jouent la musique à tue-tête non loin des écoles, des habitations et autres centres hospitaliers. Et pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS),  indique que les bruits causent d’énormes dégâts sur la santé humaine. Les travailleurs exposés à un niveau de bruit industriel pendant 5 à 30 ans peuvent faire souffrir l’homme des tensions artérielles et présenter un risque accru d’hypertension. Le bruit a des effets nocifs sur la santé humaine : stress, troubles du sommeil, effet sur le système cardio-vasculaire, immunitaire et endocrinien.   Les nuisances sonores peuvent avoir des impacts très nocifs pour l’adition, et peuvent aboutir dans le cas les plus graves à la surdité.

Selon Maurice Ngongo, avocat au barreau de Kindu de passage à Kinshasa, de lois sont violées concernant ce problème en commençant par le code civil congolais Livre III. Dans sont article 258, il écrit : ‘‘tout fait quelconque de l’homme qui cause un préjudice à autrui oblige celui par la faute du quel il est arrivé de le réparer’’.

Pour cet homme des droits, la nuisance sonore peut être sanctionnée quand elle est de nature à porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme par sa durée, sa répétition ou son intensité.

Jean-Hilaire Shotsha

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