Les personnes malentendant en difficulté d’emploi à Kinshasa

Les personnes malentendant en difficulté d’emploi à Kinshasa

25 décembre 2018 0 Par Rédacteur
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La majorité des sourds en République Démocratique du Congo rencontrent des difficultés pour trouver un emploi. A cause de cette situation, beaucoup se sont lancés dans la menuiserie et la coupe et couture. A Kinshasa, il est difficile et presque impossible de rencontrer un employé sourd dans l’administration publique ou dans les entreprises privées.

Les personnes mal entendant se plus retrouvées dans des ateliers de coupe et coutures et de la menuiserie. ‘‘Dans notre société, il n’existe pas d’égalité entre personnes entendant et sourdes. Nous les sourds-muets, nous sommes marginalisés dans plusieurs domaines et surtout celui de l’emploi’’, a dit André Pierre Kabala, personne mal entendant habitant la commune de Ngaba. ‘‘Parmi nous, il y a des sourds intelligeant et capables de prester dans n’importe quelle entreprise,  mais à cause de la discrimination dont nous sommes victimes, cela est impossible’’, a-t-il ajouté avec chagrin.

En plein quartier de Binza-Météo situé à l’ouest de Kinshasa, se trouve un atelier des mécaniciens. Parmi le personnel, se trouve un mal entendant du nom de Ceda Mulamba. Devenu mécanicien depuis plus de 3 ans par l’entremise de son oncle, Bola avoue avoir travaillé dans un environnement qui ne pas propice pour lui. Seul son courage lui permet de gagner la considération de ses coéquipiers. ‘‘A cause de mon handicap, tout le monde pense que je suis bon à rien. Face à ces médisances, j’ai l’obligation de ne pas me laisser faire de peur qu’ils aient tous raisons. Heureusement pour moi, il y a parmi nos clients un grand nombre qui préfère travailler avec moi parce qu’ils ont plus confiance en moi qu’aux autres’’, a-t-il dit.

Pour éviter les moqueries de la compagnie, certains ont préféré se lancer dans des trafiques individuels souvent peu rentables. Ils sont dans la vente ambulant d’eau en sachet, des pains, des cigarettes et autres. ‘‘C’est une réalité qui concerne tous les sourds du pays.  Il est difficile de s’épanouir dans un pays où nous ne sommes pas acceptés tels que nous sommes’’,  s’est indigné Papy Malanda, un vendeur d’eau en sachet dans les rues de Kinshasa.

Au regard de la situation, certains parents des enfants sourds semblent ne plus avoir confiance en l’avenir de leurs enfants. Pour eux, envoyer à l’école un enfant sourd est un sacrifice énorme simplement parce qu’il n’existe pas au pays des entreprises fiables qui acceptent cette catégorie de personnes. ‘‘Je ne peux jamais abandonner mon enfant quelque soit état de santé. Je fais tout pour qu’il soit utile dans la société’’, a expliqué avec sourire aux lèvres une mère venue accompagné son enfant sourd à l’école de Kimbangu.

Le sort des sourds

     Pour les associations privées qui s’occupent des droits des personnes mal entendant, la société kinoise a une mauvaise perception de cette classe sociale. La surdité est un handicap que tout le monde peut attraper. Cela ne peut enlever en rien les compétences intellectuelles de la victime. ‘‘C’est un combat que l’Etat congolais devrait mener au sein de la société pour lutter contre la discrimination’’, a expliqué Charles Mamba de l’Association pour la reconnaissance des droits des sourds-muets basée à Kinshasa.

Depuis 2008, l’Etat avait rendu public un plan pluriannuel d’insertion professionnelle de personnes handicapées qui visait intégration dans le monde de travail toutes les personnes victimes d’un handicap. En 2013, l’Etat a renforcé cette dynamique en mettant l’accent sur la politique d’intégration sociale en faveur des personnes handicape.

Plusieurs campagnes d’informations et de sensibilisation ont initiées avec l’appui des partenaires des organisations internationales depuis 2010. Le but était de promouvoir les droits des personnes handicapés y compris les sourds.

Pour le magistrat Florent Kalambay plusieurs textes protégeant les personnes handicapes sont restés lettres mortes. ‘‘Il y a par exemple, La loi N° 90-602 du 12 juillet 1990 relative à la protection des personnes contre les discriminations en raison  de leur état de santé ou de leur handicap. Celle-ci est connue de tous, malheureusement  personne ne veut l’appliquer’’, a-t-il indiqué.

Marc kikela Mumba

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